Récit de la naissance d’Élodie - 2e partie 27 décembre 2007
Avis à ceux et celles qui n’aiment pas les longs textes, ceci n’est pas pour vous!
Je m’apprête à vous raconter la deuxième partie du périple des premiers jours de ma petite Élodie. Cette deuxième partie a un ton un peu moins joyeux et me sert d’exutoire. En effet, vous comprendrez rapidement que le séjour hospitalier n’a pas été de tout repos. Toutefois, ce séjour a aussi été accompagné du bonheur de tenir ma fille dans mes bras, de la regarder et de l’embrasser, ce qui transparait moins dans ce texte. Disons que mon séjour à l’hôpital ne m’a pas réconciliée avec le système de santé.
Deuxième temps: le séjour hospitalier
Deux heures environ après la naissance d’Élodie on m’a finalement enlevé le soluté de mon bras qui me faisait si mal depuis son installation. On nous a ensuite installés dans une chambre privée, tel que nous l’avions demandé (123 $ la nuit). Première constatation, le lit ne se monte pas aussi carré que je le voudrais, je me trouve toujours semi-assise ou couchée et jamais totalement confortable. Le matelas est particulièrement mou mais c’est apprécié par mes parties sensibles.
Deuxième constatation, je suis claquée!
Je me suis assise dans une chaise, encore avec ma jaquette d’hôpital un peu sale, les jambes assez flageolantes. J’ai même un genou qui ne semble pas vouloir fonctionner encore. J’attend mes parents qui vont venir faire un tout petit tour le soir même.
J’ai mon bébé dans les bras, je me sens dans un autre monde, fatiguée et totalement gaga.
L’infirmière entre et jette un œil à la petite et remarque que ses narines palpites. Elle « n’aime pas ça » et je n’aime pas qu’elle n’aime pas ça. Il semble que ce soit un signe de détresse respiratoire. Chéri part donc avec elle vers la pouponnière. Et j’attend, inquiète.
Entre-temps mes parents arrivent et Chéri revient avec la petite un peu plus tard. Il semble qu’elle avait trop de sécrétions, qui lui empêchait de bien respirer. On lui a enlevé une partie mais elle va régurgiter encore environ 2 jours.
On se gâte, on prend la petite, on s’extasie sur sa beauté, bref on est gaga.
J’en profite pour me changer, mettre un pyjama propre ça fait un bien fou!
Une fois mes parents partis, je me lève, avec l’aide de Chéri, pour aller aux toilettes mais je ne me rend pas… Hé oui j’ai fait pipi dans mes culottes! Contrecoup de l’anesthésie certainement et je change encore de pyjama!.
Un peu plus tard on m’apporte un repas. Ça fait du bien de manger un peu, depuis plus de 24 heures que je n’ai rien avalé de substantiel.
Enfin, il est l’heure de se coucher. Nous sommes tellement fatigués que nous décidons d’envoyer la petite à la pouponnière pour la nuit, histoire de se reposer comme il faut. Après deux essais très fatiguant de mise au sein, nous demandons même s’il est possible de donner un supplément au gobelet pour la nuit car je me sens incapable de me lever aux 3 heures. Cette première nuit est donc paisible et je tombe littéralement comme un buche jusqu’au matin.
Le lendemain matin, nous ne savions pas trop si nous devions aller chercher la petite ou si on nous l’apportait. Chéri est finalement allé la chercher et on nous dit que le prochain boire est à 9 heures.
C’est peut-être à tort que nous nous sommes imaginés que quelqu’un viendrait nous aider, mais personne n’est venu. J’ai fait une tentative infructueuse de mise au sein. Soit elle se fâche et pleure, soit elle s’endort. C’est difficile, même quand elle semble téter, je n’ai aucun moyen de savoir si elle boit. J’ai aussi du mal car j’ai les mamelons un peu plat. Ça me fait avoir très chaud et ça me brule toute l’énergie que j’ai.
L’avant-midi passe, toujours personne ne vient nous voir. C’est notre premier bébé, nous ne savons pas comment en prendre soin.
Quelques personnes viennent nous voir dans l’après-midi, la journée passe rapidement, la petite dors dans nos bras la majorité du temps.
En fin de journée, la petite se réveille et se met à pleurer. Sans arrêt. Je tente une autre mise au sein, sans grand succès, me vidant encore de toute mon énergie.
Enfin, après souper, une infirmière vient pour nous donner un coup de main pour l’allaitement. Je ne suis toujours pas certaine que ça a été efficace, je ne sais pas si bébé boit ou non.
La soirée continue et elle pleure et pleure encore, me donnant d’incroyables sueurs. L’un de nous allume, « il faut peut-être changer la couche? » Évidemment, elle était bien pleine de caca! On a donc changé la couche, très maladroitement, ne sachant pas si nous l’avons bien nettoyée ou non. Morts de fatigue, nous décidons de l’envoyer encore une fois à la pouponnière mais on nous réveillera pour les boires.
Pour se faire réveiller on s’est fait réveillé! Vers 11 heures, le pédiatre entre dans la chambre et nous dit qu’elle a fait un suivi à la fièvre que la petite faisait le soir et nous annonce que ça s’est empiré. Hein? De la fièvre? Personne n’a pris sa température de la journée! Et elle en fait maintenant? Je ne suis même pas réveillée comme il faut encore je ne comprend pas se qui se passe!
Enfin, on m’explique. Il semble que la petite soit déshydratée. Bref elle est affamée. De plus, il semble qu’elle n’a pas fait de pipi depuis sa naissance…
Le pédiatre me dit donc qu’il est impératif de lui donner au moins deux bons boires cette nuit. Il suggère une mise au sein suivi d’un complément au gobelet pour s’assurer qu’elle en prend assez. Et il y aura toute une série d’analyse qui seront fait. L’important c’est qu’elle se rétablisse.
Ce moment a été particulièrement difficile pour la nouvelle maman que je suis, de savoir que, par mon inexpérience, j’ai laissé ma fille s’affamer au point d’en être malade. Ça a aussi été le début de la fin de l’allaitement.
Bref, cette nuit a été très courte.
Le lendemain, on nous dit que les premiers examens sont bons, mais qu’elle n’a toujours pas fait de pipi. Elle doit en faire, non seulement pour sa santé mais aussi pour les analyses. On passe la journée suivante sur le même beat, sein, supplément au gobelet. Comme elle ne fait toujours pas pipi on abandonne le gobelet car la moitié tombe à côté. Ce qui implique le biberon.
À la fin de la journée toujours pas de pipi, du moins rien d’assez gros pour les analyses.
Normalement, nous devons partir de l’hôpital le lendemain mais les médecins décident que ni maman ni bébé ne sont assez en forme pour partir.
Entre-temps des infirmières tentent tant bien que mal de m’aider pour l’allaitement, qui ne fonctionne pas bien du tout. On m’a fait essayé tous les trucs imaginables. Allaiter est déjà difficile, en plus je dois composer avec le fait qu’elle est affamée et déshydratée. Je suis aussi plus que fatiguée, depuis mon arrivée à l’hôpital j’ai à peine dormi 8 heures. Je pleure sans arrêt. Les tentatives d’allaitement me donnent des chaleurs et me laissent complètement épuisée, au point où j’ai parfois l’impression que je vais perdre connaissance.
À la fin de la journée la petite va mieux et rien ne semble indiquer qu’elle ne va pas bien, sauf qu’elle n’a toujours pas fait pipi dans le sac pour les analyses. Elle a fait pipi à côté plusieurs fois par contre, au grand dam de tout le monde!
Le lendemain les médecins sont d’avis que la petite va bien, même s’ils n’ont jamais réussi à avoir le pipi. Ils me donnent mon congé mais pas à la petite pour nous éviter de partir dans la méga-tempête et d’aller se tuer sur la route. On nous transfert donc dans une chambre « d’hôtellerie ». Chambre plus petite que ma salle de bain… Et on poursuit sur la même lancée, sein suivi de complément au biberon. Sauf qu’on y ajoute le lait que j’arrive à me tirer après les boires afin de stimuler ma production. Il faut dire qu’après 5 jours je n’ai toujours pas eu de montée de lait.
Le lendemain, heureux, on attend le ok du médecin pour sortir. À tort, nous pensions pourvoir sortir tôt. Mais c’était sous-estimer le système de santé! D’abord une enième infirmière a décider de nous aider pour l’allaitement. Une dame très autoritaire et directe. Dans mon état de fatigue, je n’avais pas besoin de ça pour m’aider à me sentir encore plus mal de ne pas arriver à allaiter comme il faut. On a donc fait une autre séance d’allaitement, suivi d’autres conseils, attendu que l’infirmière aille diner pour poursuivre. Bref, ce n’est que vers 14 heures qu’elle a commencé à faire nos papiers de sortie.
Le médecin est aussi enfin venu examiner la puce pour sa sortie.
Enfin, nous avons pu sortir de cet hôpital de fou à 16 heures lundi le 17 décembre. Nous y étions depuis le 12 au matin.
Nous n’avons vu pratiquement personne le lendemain de l’accouchement, nous n’avons reçu aucune information sur comment s’occuper de notre bébé avant tard le soir. Nous n’avons reçu aucune aide pour l’allaitement dans les premiers 24 heures, sauf la visite de notre accompagnante. Ce qui est bien, mais elle ne pouvait être présente à chaque boire évidemment! Le résultat a été que nous avons laissé notre fille avoir faim longtemps. Elle a aussi passé je ne sais combien d’heures avec une couche sale. Il a fallu nous plaindre le lendemain, quand nous nous sommes aperçu que nous avions étés un peu abandonnés pour avoir un peu d’information, mais le mal était fait.
Je ne blâme pas les infirmières directement, je sais qu’elles sont occupés et qu’elles font de leur mieux. Mais je suis très très amer de mon séjour à l’hôpital. Je n’allaite pas aujourd’hui principalement à cause de cette situation. Je ne suis toujours pas « relevée » de l’accouchement 14 jours plus tard à cause de cette situation. J’ai failli être considérablement malade et j’ai frôlé une dépression post-partum importante à cause de cette situation.
Mais tout rentre dans l’ordre, tranquillement mais surement et l’important au final est que toute la petite famille se porte bien et est heureuse d’être ensemble!
Dans quelques jours, le Troisième temps : le retour à la maison.